Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 700 femmes meurent chaque jour de causes évitables liées à la grossesse et à l'accouchement. Bien qu’évitables, pourquoi ces décès continuent-ils ?
Que révèle l’OMS ?
Environ 260 000 femmes sont décédées pendant ou après une grossesse ou un accouchement en 2023. Les données recueillies sur le site de l’OMS révèlent que chaque jour, en 2023, plus de 700 femmes meurent de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement. Cette organisation rappelle que le nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes a baissé d’environ 40 % dans le monde entre 2000 et 2023, mais 90 % de ces décès maternels sont survenus dans des pays à faible revenu. 70 %, soit 182 000 décès maternels, sont survenus en Afrique subsaharienne, tandis que 17 %, soit 43 000, ont eu lieu en Asie du Sud.
Les causes de ces décès chez des femmes voulant donner la vie sont, entre autres, des complications pendant ou après la grossesse. Les hémorragies graves, les infections après l’accouchement, l’hypertension artérielle pendant la grossesse, ainsi que d’autres facteurs tels que les avortements non sécurisés, sont à l’origine de 75 % de ces décès.
Pourquoi ce phénomène continue-t-il à coûter la vie à nos braves mamans ?
L’OMS souligne qu’il est possible d’éviter la plupart des décès maternels grâce à la maîtrise et à la connaissance des soins à prodiguer ou à prévenir, mais la situation reste, au contraire, préoccupante.
Naître dans un pays sous-développé est-il un risque à prendre ?
Toutes les femmes enceintes ne bénéficient pas des soins appropriés pour les protéger des complications, en particulier celles qui sont vulnérables et habitent dans des régions reculées. Elles ne bénéficient pas toujours de la présence d’une sage-femme lors de l’accouchement, alors que dans la plupart des pays à revenu élevé, les accouchements ont lieu en présence d’un personnel qualifié.
Cependant, la mauvaise qualité des soins, associée à une formation limitée des prestataires dans ces pays peu développés ou en voie de développement, cause la mort de nombreuses femmes pendant ou après la grossesse.
Par ailleurs, dans certaines zones où la religion et la tradition prennent le dessus sur la science, et où les normes culturelles dominent, les femmes et les filles ne bénéficient pas de soins médicaux pendant ou après l’accouchement. Elles prennent le risque
d’accoucher à domicile pour répondre à ces pratiques. Certaines ne survivent pas en cas de complication et meurent en route vers l’hôpital.
D’autre part, les femmes enceintes sont souvent moins informées sur les risques liés à la grossesse et tardent à prendre au sérieux les consultations prénatales, pourtant essentielles à la santé de la mère et de l’enfant à venir.
En outre, la fragilité des systèmes de santé et le manque de matériel chez les infirmiers ou médecins dans les pays dépendant de l’aide humanitaire aggravent la situation. Ces difficultés s’expliquent notamment par les crises climatiques, les conflits entre puissances ou encore la suspension de certaines aides.
Les soins de santé au second plan face aux priorités politiques ?
Dans les pays où les intérêts sont davantage tournés vers la politique, la lutte contre le terrorisme ou les partenariats économiques, le système sanitaire est souvent relégué au second plan, et les budgets alloués à la santé ne répondent pas pleinement aux besoins.
Le manque de personnel infirmier ou médical, dans un système parfois fermé ne facilitant pas l’accès aux jeunes diplômés, laisse place à des soins limités et à une insuffisance de personnel dans un contexte où les besoins sont constants.
La plupart des décès maternels, bien qu’évitables, doivent encourager davantage de précautions et d’investissements dans les systèmes de santé. Une prise en charge plus accessible des femmes enceintes dans les pays en développement, ainsi qu’une sensibilisation dans les zones reculées sur les risques liés à la grossesse sans suivi médical, doivent être renforcées afin de préserver la vie de celles qui portent les espoirs et les générations de demain.
