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20 ans au pouvoir : comment certains dirigeants africains s’installent durablement ?

Dans plusieurs pays africains comme le Cameroun ou le Congo, certains présidents sont au pouvoir depuis plus de deux décennies. Cette soif inextinguible de rester au pouvoir serait-elle un moyen de stabilité ou un obstacle à l’alternance démocratique ?

Au Cameroun, le président Paul Biya est au pouvoir depuis 1984. Chef du gouvernement à partir de 1975, il a pris la tête du pays suite à la démission surprise d'Ahmadou Ahidjo en 1982, avant de consolider son autorité après une tentative de coup d’État de la garde présidentielle en 1984. Âgé de 93 ans, il serait le président le plus âgé au monde. Il a été réélu le 12 octobre 2025.

En République du Congo, la population vit sous le règne du président Denis Sassou Nguesso depuis le 25 octobre 1997. Il a dirigé le pays d’un ton ferme et a été réélu le 17 février 2026.

En Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est chef d’État depuis le 3 août 1979 et a été réélu plusieurs fois, la dernière fois en novembre 2022.

En Ouganda, Yoweri Museveni, né le 15 septembre 1944 à Ntungamo, occupe toujours le fauteuil présidentiel depuis son arrivée au pouvoir en 1986.

Qu’est-ce qui pourrait les maintenir au pouvoir ?

La longévité des présidents africains au pouvoir reste un sujet complexe, suscitant de nombreuses interrogations parmi les populations, souvent réticentes à s’exprimer. Dans certains cas, cette longévité s’accompagne de révisions constitutionnelles, de modifications ou de suppressions des limites de mandats, voire de changements du régime politique.

Par ailleurs, le contrôle des institutions reste total : la justice est manipulée et les élections deviennent un simple jeu où « le plus fort l’emporte ». Les oppositions, limitées par des moyens insuffisants, peinent à faire respecter la transparence et la justice. Enfin, certains dirigeants invoquent des raisons de stabilité ou de prévention des crises pour justifier leur maintien au pouvoir.

Qu’engendre la longévité au pouvoir ?

Dans certains pays, la longévité au pouvoir est perçue comme un héritage historique, rendant toute transition politique difficile. Les populations, habituées à un dirigeant unique, craignent le changement et s’en remettent à la continuité.

Cette situation freine le développement. Les nouvelles idées et initiatives sont bloquées, le contrôle des réseaux institutionnels empêche les jeunes diplômés d’accéder aux opportunités, et beaucoup choisissent d’émigrer plutôt que de rester dans la crise.

De plus, ces pays deviennent dépendants de l’aide humanitaire internationale. Certains dirigeants bénéficient même d’un soutien extérieur, justifié par la nécessité d’assurer la sécurité du pays face aux crises ou au terrorisme. La longévité au pouvoir de certains dirigeants africains ouvre ainsi la voie à de nombreuses réflexions. Elle pose une question essentielle : Comment concilier une équilibre politique et une alternance démocratique dans des sociétés en développement ?